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Défi d'écriture de l'Avent - Jour 11


J'ai décidé de participer au calendrier de l'avent de l'écriture avec Marie-Adrienne Carrara du blog 'à propos d'écriture'. C'est la deuxième année que je m'y attelle et l'année d'avant, je n'avais pas tenu jusqu'au bout...Cette année, je m'y engage ! et pour me motiver à tenir, je vous partagerai mes textes.


Vous pouvez lire ici le défi d'hier :  Défi de l'avent


Défi du Jour 11 : Écrire en variant les points de vue

 

Écris deux textes d’une douzaine de lignes sur le thème de l’assiette, en choisissant parmi les points de vue suivants :

 

celui qui mange : le goinfre

celui qui mange : le gourmet

le serveur du restaurant

le cuisinier qui la remplit

le potier qui l’a fabriquée

le vendeur

le lave-vaisselle

le collectionneur

le déménageur

l’enfant qui ne veut pas « terminer son assiette »

l’assiette elle-même

 

D’autres idées de points de vue sur le thème de l’assiette sont les bienvenues.

 

Image par Alexa de Pixabay

Texte 1

On peut dire que je t’ai donné du fil à retordre. Tu as bien dû t’y reprendre à dix fois avant de me voire apparaître sous tes doigts.

Désolée, si je t’ai fait attendre mais je me préparais, car je me devais d’être parfaite. 

 

Parfaitement ronde et d’une finesse à la fois gracieuse et solide. Voilà, c’est comme ça. J’existais dans ton imaginaire, dans tes rêves et tes pensées mais il te fallait me créer.

Entre l’idée et le réel, il y a du labeur et du temps, et ton coeur aussi.

Je n’ai accepté d’exister qu’à cette seule condition : venir de ton coeur et de tes tripes.

Tu as mis le temps, tu as dû lâcher quelques certitudes, trouver la bonne argile, l’humidité parfaite, la température idéale.

Et me voici, tout juste née.

Je vois ta fierté dans les yeux quand tu me regardes, m’examine sous toutes les coutures, étonnée par ma beauté.

Merci. Je suis à ton service maintenant.

 

 

Texte 2 

Cette assiette, je ne la finirai pas. Je n’ai plus faim.

Mais papa insiste. Et Maman n’ose rien dire.

Je n’ai pas pu la remplir moi-même cette assiette. Mais il y avait déjà trop quand maman me la mise devant mon nez.

Je n’ai pas très faim, ai-je dit. Il faut manger, a répondu papa. Je n’ai plus rien dit.

J’ai mangé ce que j’ai pu mais là je cale. Plus de place. J’ai l’impression que je vais vomir.

Si au moins, c’était de la compote de pommes. Le sucré, ça passe mieux. Le brocoli, ce n’est pas que je ne l’aime pas mais.. disons que.. il y a meilleur.

Va falloir que je fasse un dernier effort. Pas question de discuter.  Papa et maman risquent encore de se disputer à cause de moi, parce qu’elle me comprend et que lui veut que je devienne fort et apprenne à obéir.

Je ne vois pas en quoi vider son assiette est un signe de force et obéir pour obéir, à quoi ça peut bien servir.

Tu resteras à table tant que tu n’as pas fini, a répété mon père, qui se lève pour aller voir le journal télévisé.

Voilà le moment qu’attendait ma mère pour piquer subrepticement avec sa fourchette les deux brocolis qui attendaient leur sort et les engloutir. Il ne me reste plus qu’à avaler le peu qu’il reste.

Je ne la regarde pas, comme pour jouer le jeu que je n’ai rien vu.

Je vide mon assiette, en m’écriant d’un grand « voilà ».

Et bien tu vois, ce n’étais pas si difficile.

Un peu honteux de mon mensonge, je rejoins ma chambre. 

 

Laurence Legrand


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