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Défi d'écriture de l'Avent - Jour 18


J'ai décidé de participer au calendrier de l'avent de l'écriture avec Marie-Adrienne Carrara du blog 'à propos d'écriture'. C'est la deuxième année que je m'y attelle et l'année d'avant, je n'avais pas tenu jusqu'au bout...Cette année, je m'y engage ! et pour me motiver à tenir, je vous partagerai mes textes.


Vous pouvez lire ici le défi d'hier :  Défi de l'avent


𝐃𝐞́𝐟𝐢 𝐝𝐮 𝐣𝐨𝐮𝐫 𝟏𝟖 : 𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐮𝐧𝐞 𝐩𝐡𝐫𝐚𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐛𝐮𝐭 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐞́𝐞

𝐕𝐨𝐮𝐬 𝐥’𝐚𝐯𝐞𝐳 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐢𝐬, 𝐢𝐥 𝐬’𝐚𝐠𝐢𝐭 𝐝’𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞̀𝐫𝐞 𝐩𝐡𝐫𝐚𝐬𝐞 𝐞𝐬𝐭 : 𝐂’𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐭 𝐮𝐧 𝐝𝐢𝐦𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞, 𝐥𝐚 𝐧𝐞𝐢𝐠𝐞 𝐭𝐨𝐦𝐛𝐚𝐢𝐭 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐚 𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞…

 

Je vous laisse continuer. Avec une telle phrase de début, tout est possible.

 

 

 

 

 

 

Image par Karolina Grabowska de Pixabay

𝘾’𝙚́𝙩𝙖𝙞𝙩 𝙪𝙣 𝙙𝙞𝙢𝙖𝙣𝙘𝙝𝙚 𝙙𝙚 𝙙𝙚́𝙘𝙚𝙢𝙗𝙧𝙚, 𝙡𝙖 𝙣𝙚𝙞𝙜𝙚 𝙩𝙤𝙢𝙗𝙖𝙞𝙩 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙫𝙞𝙡𝙡𝙚. Assis dans un café, à déguster mon chocolat chaud, des traces de crème fraîche sur la lèvre supérieure, je regardais les badauds passer devant la vitrine, les bras remplis de cadeaux. C’était la fin de l’après-midi, la nuit était tombée et les magasins allaient bientôt fermer leurs portes. En face du café, se trouvait un magasin de jouets. Je m’amusais de voir les sourires et les yeux pétillants de parents qui cherchaient le cadeau parfait, original, joliment emballé, à mettre au pied du sapin de Noël. Des cadeaux que l’on ouvrirait au moment du dessert et que les enfants autorisés à veiller plus tard ouvriraient avec des yeux émerveillés, qui la poupée de ses rêves, qui le camion de pompier. Je me souvins de celui que mon père m’avait offert un soir où nous n’étions que nous deux à fêter Noël. Il avait décoré la maison, décoré un sapin qu’on avait été cherché ensemble un soir après l’école.

 

Maman était partie quelques mois plus tôt à l’hôpital. Nous pensions qu’elle allait rentrer à la maison pour les fêtes. Mais ce Noël-là, nous l’avions enterrée cinq jours plus tôt. Mon père était terrassé mais il avait tenu à ce que nous fêtions Noël, comme d’habitude. Comme pour nier son absence, Il avait mis trois couverts à table et avait été chercher chez le traiteur une dinde farcie, comme maman cuisinait chaque année. Il voulait que rien ne change et nous étions là, à attendre qu’elle rentre et nous félicite d’avoir tout préparé sans elle. Elle aurait été fière de nous, j’en suis persuadé.

 

Après le dessert, une bûche glacée provenant du meilleur pâtissier de la ville, j’eus l’autorisation d’ouvrir mon cadeau. Un magnifique camion de pompier, avec des lumières et une vraie sirène.

 

Quelques mois plus tôt, j’avais vu ce même camion dans la vitrine du magasin de jouet et l’avait montré à maman. Nous étions restés de longues minutes devant la vitrine à le regarder et à le décrire. Elle m’avait demandé comment ça fonctionnait et je lui avais expliqué ce que j’avais appris dans les livres de la bibliothèque et à la télévision. Elle m’avait posé pleins de questions sur le métier et je lui avais raconté tout ce que j’en savais. Je m’étais vu pompier, à sauver des vies, éteindre des incendies avec mon grand tuyau d’eau, dans ma tenue rouge aux bandes fluo couleur jaune.

 

Papa me regarda, les yeux mouillés, et me dit que c’était maman qui avait informé le père Noël de mon souhait d’avoir ce camion. Elle était probablement avec lui ce soir en train de distribuer d’autres cadeaux à d’autres enfants. Je serrai le camion contre moi, le déposai et me blottis dans les bras de mon père. Maman veillerait toujours sur nous, j’en étais certain.

 

J’avais 10 ans et je m’en souviens comme si c’était hier.

 

Et me voici, assis à cette table de café, devant ce chocolat chaud, en face de ce même magasin où je venais enfant avec ma maman. Je ne suis pas devenu pompier mais j’ai gardé le camion. Maman est partie il y a 20 ans et dans 5 jours, c’est Noël. Je ramènerai à mon fils l’ambulance qu’il a vue dans la vitrine et dont il me parle chaque jour. Je lui parlerai de sa grand-mère qui a raconté au père Noël que c’est une ambulance que son petit-fils souhaite. Mon père sera heureux de partager le repas avec nous, une dinde farcie, suivie d’une bûche glacée. Et comme chaque année, nous mettrons une assiette en plus. On ne sait jamais…

 

Laurence Legrand


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