Emporté par les Flots

Le pitch

Le silence s’est installé entre Marion et Maxime depuis la perte de leur enfant avant sa naissance.

 

Marion rêve toujours de fonder une famille, mais la peur s’est installée en elle. Un contact médiumnique, avec un de ses ancêtres - qui la pousse à quitter Liège avant les inondations de juillet 2021 - et l’arrivée d’un colis mystérieux bousculeront leurs certitudes et leur vie bien réglée. 

 

Marion parviendra-t-elle à remonter le fil de son histoire familiale, alors que Maxime prend conscience de ce qui est essentiel pour lui 

 

Une grande -mère muette et oubliée dans une maison de repos sera-t-elle la clé qui permettra à Marion de retrouver le fil de sa vie ?

Au bout du chemin, parviendront-ils à fonder leur famille ?


Livre broché Emporté par les Flots

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- une écriture inspirée -

Extrait 1

Lundi 28 Février 2022

 

Le faire-part avait annoncé « la plus stricte intimité » et il n’y avait de toute façon pas eu beaucoup de gens à prévenir. 

 

Ils attendaient, assis en silence, que les cendres soient prêtes pour la dispersion. 

L’attente était longue. Une panne de courant avait plongé le funérarium dans l’obscurité. 

 

Bien que cette coupure d’électricité n’ait duré qu’un bref moment, le four avait dû être relancé et la cérémonie en avait été affectée.

 

Le responsable des pompes funèbres s’approcha enfin de Marion pour s’excuser de la gêne occasionnée et les pria de le suivre jusqu’à la pelouse.

 

Heureuse d’avoir pu repousser le moment de la séparation, Marion le rassura et se leva, ainsi que ses parents et sa sœur. Les jumelles étaient à l’école. 

 

Ils marchèrent en silence jusqu’à la pelouse. Il faisait froid.

 

Devant eux, un autre groupe s’éloignait d’un pas rapide, comme pressé de reprendre le cours de sa vie. 

 

Les cendres furent dispersées et une bourrasque les envoya vers le ciel. Marion songea qu’on était tellement plus que ces grains de poussière et que chaque défunt continuait à vivre dans le cœur et dans les souvenirs. 

 

Ses parents et sa sœur se tenaient derrière elle et sa mère lui dit sans émotion : 

— Voilà, c’est fini. Viens, on va te ramener, tu dois te reposer. 

 

Ils remercièrent le personnel des pompes funèbres et se dirigèrent vers le parking. 

Marion embrassa sa sœur, stoïque pour une fois et pressée de partir travailler. 

 

Elle monta à l’arrière de la voiture et son père démarra, tandis que sa mère restait silencieuse. Comme si les mots qu’on aurait pu ou osé prononcer n’auraient de toute façon jamais été à la hauteur de la peine qui enserrait le coeur de Marion.  

 

A quelques centaines de mètres de là, un jeune garçon à l’allure évanescente apparut dans un portail lumineux. Il regardait la scène de loin et faisait signe à un homme de s’approcher. Celui-ci s’avança et vit Marion s’installer à l’arrière de la voiture. Il sourit à la vue de sa silhouette et, soulagé, remercia l’enfant chaleureusement. Ils firent demi-tour et le portail se referma sur eux. 

Extrait 2

Maxime jura :

— Putain, quelle pluie ! J’en ai marre, quand est-ce que ça va s’arrêter ?

Il lui restait un dernier colis à livrer avant de rentrer. Celui-ci n’était pas sur sa liste et le code-barre était manquant. Il sortit le paquet de l’arrière de la fourgonnette pour le mettre sur le siège avant et encoder manuellement l’adresse dans le GPS. Mais le message « adresse introuvable » apparut. 

 

Il introduisit l’adresse une deuxième fois, essaya une troisième. Sans résultat.

 

En pleine campagne, son portable ne captait pas le réseau et était presque plat. Il chercha le câble pour le recharger, sans le trouver. Il avait dû l’oublier sur la table de la cuisine.

 

Personne aux alentours à interroger, personne dans la maison où, devant la grille, il venait de déposer un colis et évidemment, pas de plan des routes, le digital ayant remplacé le papier depuis longtemps. Il soupira lourdement et sentit monter l’irritation. Il en avait eu assez pour la journée et il voulait rentrer. 

 

Egalement énervé par cette pluie battante et ce vent qui soufflait sans cesse, assis derrière son volant, au milieu de nulle part, le regard vide et fatigué, il alluma le moteur et démarra en trombe. Il en avait oublié qu’il roulait sur un chemin boueux et la voiture dérapa. Il redressa  son volant juste à temps et évita ainsi de glisser dans le fossé. Il entendit un « poc » à l’arrière et pensa avoir heurté une branche ou une pierre. Il jura en sortant du véhicule sous la pluie et alla constater les dégâts. Il comprit qu’il avait percuté une famille de canards qui longeait le chemin derrière sa voiture. Il avait touché plus gravement le petit dernier, probablement avec sa roue arrière. Le caneton gisait dans la boue, trempé, inerte, tandis que ses congénères cancanaient et voletaient dans tous les sens. Ils semblaient perdus ne sachant plus où aller. Puis d’un coup, ils se calmèrent et se remirent rapidement en chemin, probablement à l’écart du danger.

 

Le caneton ne bougeait plus, comme endormi, une petite tache argentée sur le haut de la tête. Maxime resta sous la pluie à le regarder, immobile, mort sans doute. Il sentit sa poitrine s’oppresser. Haletant, il rejoignit son véhicule avec difficulté. Il ouvrit la portière de la camionnette, s’y appuya un instant et voyant l'eau s’engouffrer dans l’habitacle, rassembla ses forces pour s’y asseoir rapidement. Il referma la portière dans un claquement. En une fraction de seconde, le silence remplit l’habitacle. Puis, tandis qu’il reprenait son souffle, la pluie poursuivit son tintamarre sur le toit de la fourgonnette. Les deux mains accrochées au volant, il ferma les yeux et retint ses larmes. Il se mit à marteler le volant de ses poings, se retenant de hurler. Il en avait assez et voulait rentrer. Il poussa un long soupir. Il réalisa que le moteur tournait toujours, passa la première vitesse et démarra plus doucement. Il roula lentement jusqu’à une route principale. Il encoda alors l’« adresse domicile » dans le GPS et la voix féminine lui intima d’avancer sur 500 mètres. Sa journée était finie. Il regarda le ciel et espéra qu’il soit plus clément le lendemain. 


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